Le sommet de Copenhague jettera-t’il les bases du monde de demain ?
décembre 1st, 2009 publié dans Europe, développement durableLe réchauffement climatique met en danger les moyens d’existence et les vies de millions d’êtres humains, et menace d’extinction autant d’espèces. Il est le fruit d’un modèle de société basé sur la consommation. Ce modèle, dont les failles se sont révélées dans la crise actuelle financière et économique, mériterait donc être réorienté, pour le bien de la planète et celui de l’homme : on ne peut déconnecter la recherche de solutions contre le réchauffement des interrogations légitimes sur notre modèle de société.
Du 7 au 12 décembre prochains, la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique se tiendra à Copenhague. Elle doit déterminer les objectifs et les solutions à mettre en œuvre à l’échelle internationale pour prolonger le protocole de Kyoto, qui prend fin en 2012. Les objectifs que s’est assignée l’Union Européenne, qui n’envisage de réduire ses émissions que de 20 % en 2020, sont très en deçà des enjeux. Et que dire des Etats-Unis dont le Sénat peine à adopter des mesures contraignantes. Certes la Chine vient de surpasser les Etats-Unis comme premier pollueur de la planète mais ce dernier pays demeure au premier rang per capita…
Les solutions proposées actuellement contre le réchauffement reposent encore sur des stratégies « classiques » : marché international de « droits à polluer », éthiquement discutable ; pas de remise en cause du nucléaire, qui pourtant a été un formidable encouragement au gaspillage énergétique, cause du retard français dans le développement de l’efficacité énergétique et l’industrie du renouvelable, et qui ne nous apporte rien pour remplacer le pétrole dans le transport ; les agro-carburants quant à eux posent de nombreux problèmes environnementaux, aggravent la crise alimentaire et la déforestation sans contribuer à la baisse des émissions…
Un changement de modèle est donc vraiment nécessaire, orienté vers la satisfaction des besoins sociaux et le respect des contraintes écologiques, et non guidé par le profit et les folles exigences de l’offre et de la demande. Ce changement doit faire l’objet de politiques publiques volontaristes et audacieuses, et passer outre les intérêts des grands lobbies. Il faudra entre autres soutenir l’économie sociale et solidaire, relocaliser les activités économiques, rapprocher domicile et lieu de travail, promouvoir les circuits courts production-consommation, orienter l’économie et la recherche vers les énergies renouvelables, l’efficacité et la sobriété énergétiques, développer des transports en commun, adopter une taxation internationale juste des activités polluantes etc…
Le nouveau modèle doit aussi intégrer la reconnaissance assumée de nos responsabilités envers les pays du Sud, premières victimes des pollutions, et responsables seulement de 7% des émissions de dioxyde de carbone…Nous devons assurer à ces pays la possibilité de sauver leur sécurité alimentaire, et leur offrir les transferts de technologie propres à leur assurer sur des bases saines un développement harmonieux et durable.
Le sommet de Copenhague jettera-t’il les bases du monde de demain ?
Nicole Jouan
Modem brest

2 Responses “Le sommet de Copenhague jettera-t’il les bases du monde de demain ?”
par Claudio Pirrone on déc 4, 2009
Non
par Marie Pierre Prigent on déc 9, 2009
Merci à Nicole pour cette réflexion clairvoyante. les bases du monde de demain sont jetées, me semble t-il, car un diagnostic est déjà posé, une prise de conscience existe et c’est le préalable à tout projet. Les remèdes sont et seront différents selon les pays et parfois difficiles à engager, mais ils ne sont pas inexistants loin de là et le travail de fourmis a commencé (L’Espagne vient de se tourner vers l’énergie solaire par exemple, dont la source est réelle). A moins de souhaiter la révolution verte extrème qui risque de tout déstabiliser (comme toutes les révolutions), avec les conséquences que l’on imagine, il est important que toutes les propositions politiques à venir intégrent les nouvelles données.